33 – Les régiments d’Afrique

 

 

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Ils viennent du Maroc, d’Algérie, du Sénégal, d’Afrique noire. Tirailleurs, goumiers, spahis, légionnaires, commandos, soldats des régiments d’infanterie coloniale, les Africains sont en première ligne lors des combats qui libèrent l’aire urbaine.

Monument à la 5ème DM et à la 2ème DIM à Arcey dans le Doubs (photo : R. Bernat)

Monument à la 5ème DM et à la 2ème DIM à Arcey dans le Doubs (photo : R. Bernat)

Plaque commémorative sur le monument d'Arcey (photo : R. Bernat)

Plaque commémorative sur le monument d’Arcey (photo : R. Bernat)

 

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Cimetière militaire de la 2ème GM à Rougemont dans le Doubs (photo : R. Bernat)

Monument d'Arcey - détail (photo : R. Bernat).  Les insignes de la 5eme DB et de la 2eme DIM entourent celui de l'Armée  Rhin et Danube.

Monument d’Arcey – détail (photo : R. Bernat).  Les insignes de la 5eme DB et de la 2eme DIM entourent celui de l’Armée  Rhin et Danube.

 

 

 

La bataille de L’Arsot

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Casque de la 3ème division d’infanterie algérienne. (Collection privée. Exposition « Nationale 83, des objets au service de la libération de Belfort ». Musées de Belfort)

                  La bataille de l’Arsot est une bataille pour empêcher les Allemands de reprendre Belfort. Le 22 novembre 1944, le colonel Bouvet qui commande le 3ème commando donne ses dernières instructions. Le nouvel objectif est de maîtriser le fort de Roppe en passant  par le bois de l’Arsot. Ses hommes rejoignent, à la scierie du Martinet à Offemont, le 1er commando du lieutenant Chochon. Au matin les groupes traversent les ruisseaux du Martinet. Un brouillard épais dissimule l’avancée des sept officiers et des127 hommes qui entrent dans la forêt de l’Arsot. D’abord le calme puis d’un coup, des coups de feu viennent de partout et la forêt se transforme en enfer. Le 5ème régiment d’infanterie allemand est appuyé par un bataillon d’Alpinen Jaeger venu de Norvège. Dissimulés au pied du fort de Roppe, ils se préparent à une contre-attaque pour reconquérir Belfort. Dans le bois, la visibilité est très limitée et les combats de plus en plus violents. Dans l’après-midi, les commandos réussissent à décrocher mais les pertes sont très lourdes. Le 3eme commando a perdu 6 des 7 officiers et plus de 80 soldats sont blessés ou tués sur les 127 hommes engagés.

Ces combats sont les plus meurtriers parmi ceux de la libération de Belfort.

 

Les goumiers 

              Les goumiers marocains sont des soldats appartenant à des unités d’infanterie légères de l’armée d’Afrique composées de troupes autochtones. Ces unités ont existé de 1908 à 1956. « Avancez devant » est leur devise.  L’insigne général des goums marocains est constitué par un poignard à bout recourbé ou koumia.

                L’organisation des unités de goumiers est pyramidale, avec à la base un goum, l’équivalent d’une compagnie soit environ 200 hommes commandés par un capitaine. Trois à quatre goums forment un tabor équivalent d’un bataillon, dirigé par un commandant et trois tabors constituent un GTM (Groupement de tabors marocains) l’équivalent d’un régiment sous les ordres d’un colonel.

                D’abord supplétifs, puis réguliers, les goumiers se sont surtout illustrés lors de la Seconde Guerre mondiale, entre 1942 et 1945, période au cours de laquelle les quatre groupements de tabors  principalement sous les ordres du général Guillaume, ont obtenu de nombreuses citations collectives à l’ordre de l’armée. Entre 1943 et 1945, quatre GTM existent mais seuls trois d’entre eux participent à la campagne de France. Les 2eme et 3eme GTM opèrent dans les Vosges où ils s’emparent un par un des cols du massif.

                 Seul le 1er GTM intervient dans la bataille de Belfort où il se distingue spécialement à Andelnans en établissant une tête de pont sur la Savoureuse. Ces vaillants combattants perdent à cette occasion six d’entre eux, le 22 novembre, à proximité de ce village. Commandé par le colonel Georges Leblanc  le 1er GTM est composé de trois tabors (le 2e tabor : 51e, 61e et 62e goums ; le 3e tabor : 4e, 65e et 101e goums et le12e tabor : 12e, 63e et 64e goums) soit environ 1 500 hommes.

                Dans les rangs de la 1ère armée française débarquée en France en août 1944, uniformément équipée de tenues américaines kaki, les goumiers marocains ne passaient pas inaperçus. L’originalité de leurs tenues, fabriquées localement au Maroc, tranchait sur le reste de l’armée. Chaque goum avait son propre modèle de « djellaba », sorte de pèlerine à manches, grossièrement tissée en laine épaisse, de teinte grisâtre, rendue imperméable par la présence de poils de chèvre et de laines de couleurs différentes. En général, s’y mêlaient de longues rayures blanches, noires, grises ou brunes. Un capuchon servait à couvrir la tête par temps de pluie ou de neige, mais il était plus souvent utilisé comme sac à provisions. Une sacoche en cuir leur servait de musette, elle était portée en bandoulière, alors qu’un poignard américain était le plus souvent glissé dans la ceinture retenant les cartouchières.

Insigne du 8ème Régiment des Tirailleurs Marocians (Coll. privée : Jocelyn Cametti)

Insigne du 8ème Régiment des Tirailleurs Marocains (Coll. privée : Jocelyn Cametti)

Blason des commandos d’Afrique

Insigne du Régiment De Marche de la Légion Etrangère (Coll. privée : Jocelyn Cametti)

Insigne du Régiment De Marche de la Légion Etrangère (Coll. privée : Jocelyn Cametti)

Insigne du 4ème Régiment de Tirailleurs Marocains. (Coll. privée : Jocelyn Cametti)

Insigne du 4ème Régiment de Tirailleurs Marocains. (Coll. privée : Jocelyn Cametti)

 

Le 8ème RTM

                Le 8e Régiment de Tirailleurs Marocains ou (8e R.T.M) est un régiment d’infanterie composé d’éléments venant du Maroc, d’Algérie, du Sénégal et d’Afrique noire.

photo : ECPAD

photo : ECPAD

              Ce régiment est avant-guerre en garnison à la caserne Béchaud de Belfort dans le quartier de la Pépinière. Ces tirailleurs sont populaires avec leurs tenues chamarrées et bien intégrés à la population locale. En 1939, le 8eme RTM quitte la cité du Lion pour l’Alsace. Il est dissous en août 1940 en dépit de combats honorables. Reconstitué au Maroc l’année suivante, le 8eme RTM intègre, en 1943, le corps expéditionnaire français d’Italie qui sous le commandement du général Juin combat aux côtés des alliés dans la péninsule. Le régiment va connaître de lourdes pertes dans les combats entre Naples et la Toscane mais en septembre 1944 il retrouve avec bonheur le sol de France.

Deux soldats africains avec une dame et son enfant. (source : ECPAD)

             Les tirailleurs marocains sont  en première ligne dans les combats qui permettent de libérer l’Aire urbaine. Du 14 au 17 novembre, le 8eme RTM, appuyé par les chars de la 5eme DB,  délivre Montenois, Arcey, Sainte-Marie  puis Héricourt. Le 21 novembre, les premiers éléments du 8eme RTM entrent dans Belfort par la route de Bavilliers. Ils s’emparent de la partie sud de la ville et notamment de leur quartier de la Pépinière. Mais leur ancienne caserne a été détruite par les bombardements. Le 8ème RTM participe les jours suivants aux opérations de nettoyage et à la libération des forts de la ceinture sud de Belfort. C’est ensuite le départ pour l’Alsace où le régiment est dissous en février 1945 car il a perdu sur les différents champs de bataille les trois quarts de ses effectifs.

Affiche. (ADTB)

Affiche. (ADTB)

Cérémonie Régiment des Tirailleurs Marocains, Belfort

Cérémonie Régiment des Tirailleurs Marocains, Belfort. Source : Coll privée Jérôme Marche.

 

Le général De Gaulle sur le front dans les Vosges le 24 septembre 1944. (source : ECPAD)

Le Général De Gaulle à Maîche. (sources ECPAD)

La nouba et les chansons des coloniaux

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Photos : Archives Nationales USA

« Cérémonie militaire devant le temple St Georges à Montbéliard avec les tirailleurs marocains . Source : Coll privée Jérôme Marche.

 

 

 

 

 

 

 

 

     

              On appelle Nouba la fanfare et musique militaire de ces unités marocaines. Elle frappe l’imagination par ses deux caractéristiques originales : la tenue traditionnelle des musiciens et la présence du bélier-mascotte. Les soldats portent une veste bleue ciel de forme boléro, un gilet de même couleur avec des ornements jaunes, un pantalon « saroual » bouffant dans le bas, une large ceinture de laine rouge foncé et ils sont coiffés de la chéchia, calotte de feutre cramoisi.

             Le bélier mascotte  défile toujours en tête lors des prestations.   Les tirailleurs, principalement recrutés parmi les pasteurs et les montagnards d’Afrique du nord, sont très attachés à la mascotte de leur régiment généralement un ovin bélier, mouflon ou bouc, choisi pour la splendeur de ses cornes. Considéré comme un porte-bonheur, avec ses qualités de détermination, de puissance et surtout de virilité, cet animal symbolise pour eux les qualités essentielles du guerrier.

          Les instruments locaux traditionnels sont la raïta sorte de flûte marocaine qui forme le fond sonore. On y trouve aussi des tambours arabes, les tebels, grands ou petits, et qui se portent la peau perpendiculaire au sol.

              « C’est Nous les Africains »

                Le Chant des Africains est un chant militaire  écrit durant la guerre 1914 – 1918. Il est également connu  sous le titre « C’est Nous Les Africains ».  En 1941, le capitaine de l’armée française Félix Boyer le met en musique et il devient le chant officiel des Chantiers de Jeunesse du gouvernement de Vichy. Puis en janvier 1943, le capitaine prend le commandement du 7ème régiment de chasseur d’Afrique. Ce chant des Africains devient naturellement symbole de l’armée d’Afrique qui l’adopte rapidement et en fait sa marche officielle.  Elle le  rend célèbre à travers ses campagnes au point qu’il est très souvent repris lors des cérémonies militaires commémoratives de la Seconde Guerre mondiale. 

Pour écouter la chanson icone-audio

C’est nous les Africains
Qui revenons de loin
Nous venons des colonies
Pour sauver la Patrie
Nous avons tout quitté
Parents, gourbis, foyers
Et nous avons au cœur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu’un venait à y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours, à nos amours
Pour le pays, pour la Patrie
Mourir au loin
C’est nous les Africains.
I
Nous étions au fond de l’Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs,
Quand sous un soleil magnifique
A retenti ce cri vainqueur
En avant ! En avant ! En avant !
II
Pour le salut de notre empire
Nous combattons tous les vautours
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours
En avant ! En avant ! En avant
III
De tous les horizons de France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain
En avant ! En avant ! En avant !
IV
Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons dans nos gourbis ;
Le cœur joyeux et l’âme fière
D’avoir libéré le pays
En criant, en chantant : en avant !

(sources : http://www.troupesdemarine.org/index2.htm)

 

 Le Pont Mémorial

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(photos : René Bernat)

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