3 – Anne Frank

 

 

Site N°303

 

   

  L’antisémitisme est une caractéristique forte et marquante du régime nazi. Partout où ce système totalitaire et raciste s’impose, les Juifs sont soumis à de dramatiques persécutions.

 

 Les lois et mesures antisémites

27 septembre 1940 : création d’un fichier juif.

A partir d’octobre 1940 : En zone occupée la mention « Juif » est portée sur les cartes d’identité.

3 octobre 1940 : Premier statut des Juifs. Ils sont exclus de la fonction publique de l’État, de l’armée, de l’enseignement et de la presse.

4 octobre 1940 : les étrangers de race juive peuvent être internés dans des camps spéciaux.

29 mars 1941 : Création du Commissariat général aux questions juives chargé d’appliquer les lois antisémites de Vichy.

14 mai 1941 : 3 700 Juifs étrangers sont arrêtés par la police française à Paris.

2 juin 1941 : Deuxième statut des Juifs qui renforce l’exclusion.

22 juillet 1941 : Loi sur la liquidation des biens juifs.

20 août 1941 : Ouverture du camp de Drancy, contrôlé par la Gestapo et gardé par des gendarmes français.

27 mars 1942 : Départ depuis Drancy et Compiègne du premier convoi pour Auschwitz.

 29 mai 1942. La 8ème ordonnance allemande impose à tous les Juifs de plus de six ans  de la zone occupée le port de l’étoile jaune.

Début juillet 1942 : Les nazis annoncent leur objectif : déporter de France 100 000 Juifs.

16-17 juillet 1942 : La police française arrête 13 152 Juifs et les parque au Vélodrome d’Hiver de Paris. Ils seront déportés à Auschwitz.

7 août 1942 : 10 000 Juifs étrangers sont livrés aux Allemands.

11 décembre 1942 : imposition du tampon « Juif » sur les cartes d’identité

L‘étoile jaune

      L’étoile jaune est instaurée par la 8ème ordonnance allemande du 28 mai 1942 concernant les mesures contre les Juifs ; Elle entre en vigueur le 7 juin 1942.  Tous les Juifs âgés de plus de six ans doivent alors la porter de manière bien visible chaque fois qu’ils se montrent en public, sans quoi ils s’exposent, même par négligence, à une amende ou de la détention. Dans sa finalité, l’étoile se voulait être une adaptation plus récente du principe de la rouelle de 1215. Elle en reprend d’ailleurs la couleur, le jaune, symbole de trahison ou de folie aux yeux des chrétiens du Moyen Âge.

Mon Quotidien (18/09/2012)

Mon Quotidien (18/09/2012)

             L’étoile jaune n’a pas été portée en zone libre, jusqu’à ce qu’elle soit envahie le 11 [novembre 1942 par les Allemands et les Italiens, suite au débarquement allié en Afrique du Nord. Pétain s’est opposé au port de l’étoile jaune en zone libre mais il fait apposer le tampon «Juif» sur les papiers d’identité. L’étoile jaune est une pièce de tissu en forme d’étoile de David et de couleur jaune, imposée par l’Allemagne nazie comme signe vestimentaire distinctif aux Juifs d’Allemagne d’abord, puis à ceux des zones conquises au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle doit y être cousue de façon inamovible, en évidence, soit sur le côté gauche, soit à l’avant et à l’arrière, selon les directives locales. Dans certains pays, est inscrit au centre de l’étoile, en caractères imitant la calligraphie hébraïque, le mot désignant les Juifs dans la langue locale comme « Jude » en Allemagne, « Juif » en France etc.

 

 La rafle du Vel d’Hiv

            La rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942 entraîne l’arrestation par surprise de plus de 13 000 Juifs de tous âges. Ce  nombre est important mais pas autant que ce que les Allemands le veulent. En effet l’occupant en réclame 24.000,

          Sous l’autorité de René Bousquet, fonctionnaire du gouvernement de Vichy, les forces de l’ordre françaises sont mobilisées pour cette opération. Heureusement, certains policiers font preuve de solidarité et relâchent les victimes, quelques fois la population ouvre ses portes pour cacher des Juifs. C’est la 1re fois que sont raflés en France des femmes et des enfants.

         Après leur arrestation, une partie des Juifs est emmenée par autobus dans le camp de Drancy, au nord-est de Paris. Une autre partie, les familles avec enfants, est  dirigée vers le Vélodrome d’Hiver qui sert de prison provisoire.  Plus de  8 000 personnes dont une majorité d’enfants y sont entassées dans des conditions horribles et devront survivre pendant cinq jours, sans nourriture et avec un seul point d’eau. Trois médecins et quelques infirmières  de la Croix-Rouge ont l’autorisation d’intervenir.
         Une centaine de prisonniers se suicident. Les prisonniers seront conduits dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers avant d’être déportés vers Auschwitz.

A l’occasion du cinquantième anniversaire de la grande rafle du Vel d’Hiv, retour sur les journées des 16 et 17 juillet 1942 où, la police française arrêtait 13000 Juifs et les parquait avant leur déportation. (sources : INA)

 La communauté juive à Belfort et le journal d’Henriette Bloch

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(photos : R. Bernat)

Synagogue de Belfort (photo : R. Bernat)

Synagogue de Belfort (photo : R. Bernat)

               La communauté juive de Belfort est estimée à environ 1200 personnes, bien que le recensement officiel n’en dénombre que 300. Certains d’entre eux fuient comme d’autres Belfort en juin 1940. Sur ce nombre 181 ne sont jamais rentrés. Henriette convainc un jour son fils très réticent de parcourir Belfort en arborant l’étoile jaune : les réactions des personnes rencontrées sont plutôt compatissantes et encourageantes. « Je suis pourtant antisémite, mais je n’admets pas cette mesure » dit le professeur d’allemand de Julien à celui-ci, lorsqu’il se présente au lycée avec l’étoile.

Extraits du journal d'Henriette Bloch (Source : M.A .Vacelet : "Le Territoire de Belfort dans la tourmente 1939-1944))

Extraits du journal d’Henriette Bloch (Source : M.A .Vacelet : « Le Territoire de Belfort dans la tourmente 1939-1944))

            L’aumônier du lycée, lui, salue ostensiblement Julien qui porte l’étoile et l’assure de sa sympathie. Le journal d’Henriette rapporte le plus souvent des témoignages de compassion, voire de soutien.

(sources : Archives municipales de Belfort)

(sources : Archives municipales de Belfort)

 

 

 

 

 

 

 

                 L’ « aryanisation » commence dès septembre 1940 et les magasins appartenant à des personnes de confession juive sont identifiés. De même, tous les commerces ou entreprises appartenant à des juifs sont placés sous tutelle, de même que les comptes bancaires dont les propriétaires ne peuvent plus disposer à leur guise : Henriette Bloch se fait écho à de nombreuses reprises de ses difficultés à disposer de son épargne qui lui permet de vivre correctement, et de l’attitude de la personne qui la contrôle. L’entreprise Alsthom où travaille Lucien évoque aussi la confiscation de ses avoirs. La deuxième étape de l’aryanisation consistera en la vente des biens confisqués ou abandonnés.

Cérémonie en 1946 présidée par le  Rabbin Kahlenberg pour l'inauguration du monument aux victimes de la déportation (Fonds privé Nadia Hofnung )

Cérémonie en 1946 présidée par le Rabbin Kahlenberg pour l’inauguration du monument aux victimes de la déportation (Fonds privé Henri Engelyc)

Juifs arretés ValdoieR

Liste de Juifs valdoyens arrêtés. (source : ADTB)

               Les rafles commencent à Belfort en 1942 : le 22 février ont lieu 11 arrestations en représailles d’un attentat. Par la suite les arrestations seront des suites de l’application de la politique antisémite : le 12 juillet, 19 personnes arrêtées, le 18 octobre, 16 personnes ; la plupart de ces juifs arrêtés à Belfort sont étrangers. En 1943 et surtout début 1944 les juifs français sont de plus en plus concernés par ces arrestations. Au total, il semble que 250 personnes aient ainsi été arrêtées à Belfort pendant l’occupation : arrêtés par les Allemands, mais c’est toujours la police française qui ensuite les convoie à Drancy, que la majorité quitte ensuite pour Auschwitz.

Officiellement, il n’y a plus un seul juif à Belfort en 1944.

Texte de Marie-Antoinette Vacelet

21 grand rue à Giromagny, sur le lieu d’une ancienne synagogue. Plaque en hommage aux Juifs de Giromagny raflés et déportés. (photo : R. Bernat)


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 Le journal d’Anne Frank

                 Anne Frank est une jeune fille allemande et juive. Elle est née le 12 juin 1929 à Francfort-sur-le-Main. En 1933, en raison  du climat antisémite amené par l’accession d’Hitler au pouvoir, sa famille décide de quitter l’Allemagne pour Amsterdam. Plus tard, en 1940, alors que les dangers se multiplient dans cette ville, les Frank décident de se cacher. C’est donc dans la fameuse Annexe, aménagée à l’étage de l’entreprise du père, que la famille vivra durant plus ou moins quatre ans.

Dans ce nouvel habitat, Anne commence son journal intime le 12 juin 1942. Elle y relate sa vie dans l’Annexe, son point de vue et son quotidien. Il se termine deux ans plus tard, le 1er août 1944, soit quatre jours après la dénonciation et arrestation de la famille et de quatre amis le 4 août.

Anne est finalement déportée dans le camp d’extermination de Bergen-Belsen, où elle reste 7 mois (jusqu’en février ou mars 1945) avant de mourir du typhus, peu de temps avant la libération du camp.

Son père, Otto Frank, apprend l’existence de ce journal à son retour des camps et prend la décision de publier son contenu. La première édition date de 1947. C’est aujourd’hui l’un des livres les plus lus au monde.


Reportage sur la vie d’Anne Frank (sources : INA)


Le père d’Anne FRANK évoque sa fille et leur vie dans l’Annexe en ouvrant son album de photos de famille. (sources : INA)

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